SÉRAC
ACTE 1 : UN SEUIL EN LATENCE
LE SEUIL n'est pas une frontière mais un lieu en soi, un espace intermédiaire où les opposés cessent de s'exclure pour coexister. Entre dedans et dehors, entre public et privé, entre mouvement et repos, le seuil est un in-between, un espace de réconciliation des contraires.
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Ronquoz 21
Le quartier des Ronquoz occupe aujourd’hui une position stratégique dans le développement urbain de la ville de Sion. Historiquement dédié aux activités artisanales, industrielles et logistiques, ce territoire fait désormais l’objet d’une importante transformation à travers le projet Ronquoz 21, qui vise à accompagner son évolution progressive vers un quartier mixte associant logements, activités économiques, équipements collectifs et espaces publics.
Cette mutation s’inscrit dans un temps long. Entre le territoire existant et les projections du futur quartier se déploie aujourd’hui une condition intermédiaire, caractérisée par la coexistence de différentes temporalités, usages et formes urbaines. Les infrastructures productives, les espaces ouverts, les nouvelles constructions et les initiatives culturelles participent simultanément à la fabrication de ce paysage en transition.
Dans ce contexte, les Ronquoz peuvent être envisagés comme un vaste espace de seuil à l’échelle de la ville. Situé à la rencontre de différents tissus urbains, le quartier constitue à la fois une limite et un point de connexion entre des réalités territoriales distinctes. Cette condition se manifeste notamment à travers ses espaces publics, ses parcours, ses interstices et ses espaces de transition, qui jouent un rôle déterminant dans la manière dont le quartier est perçu, traversé et approprié.
L’espace public apparaît ainsi comme un élément central de la transformation en cours. Plus qu’un simple support de circulation, il constitue un dispositif de mise en relation entre les différents acteurs, usages et temporalités qui coexistent aujourd’hui
aux Ronquoz. Les questions de visibilité, d’accessibilité et d’appropriation deviennent alors essentielles pour accompagner l’émergence progressive de ce nouveau morceau de ville.
Le seuil comme espace relationnel
La résidence propose d’aborder ces enjeux à travers la notion de seuil, comprise comme un outil de lecture et d’intervention sur le territoire. À travers une exploration des situations intermédiaires qui structurent le quartier, le projet vise à identifier les espaces interstitiels capables de renforcer les continuités entre les différents fragments urbains, de rendre perceptibles les transformations en cours et d’accompagner l’émergence de nouvelles formes d’usage.
C’est dans cette perspective que l’Archipel constitue un point de départ particulièrement pertinent. Première réalisation concrète du projet Ronquoz 21, il occupe une position charnière entre le quartier existant et son devenir. À la fois équipement culturel, lieu collectif et espace de production, il peut être considéré comme l’un des premiers seuils du futur quartier, un point de rencontre où s’articulent déjà les dynamiques urbaines, sociales et culturelles appelées à façonner les Ronquoz de demain.
Résidence
L’Association Sérac propose d’aborder cette condition comme un terrain de projet dans le cadre d’un workshop collaboratif. À travers une lecture attentive des parcours, des usages, des rythmes et des situations existantes, la démarche vise à identifier les espaces de transition qui structurent aujourd’hui les Ronquoz, ainsi que les opportunités d’intervention capables de renforcer les liens entre les différents fragments du quartier et d’accompagner les transformations en cours.
Le projet prend la forme d’un workshop collaboratif aboutissant à la conception et à la réalisation d’interventions à échelle 1:1.
Développés à partir de matériaux réemployés et de ressources locales, ces dispositifs chercheront à rendre perceptibles certaines qualités du territoire, à révéler des situations existantes souvent invisibles et à renforcer les relations entre espace public, usages collectifs et dynamiques urbaines émergentes. Une collaboration active avec les ateliers de l’Archipel et La Ressourcerie sera mise en place afin de valoriser les ressources disponibles sur le site et de mobiliser les savoir-faire déjà présents au sein du quartier.
Plutôt que de produire des réponses définitives aux transformations en cours, la démarche entend expérimenter des formes d’intervention légères, réversibles et situées. Les réalisations produites agiront comme des prototypes permettant de tester, à l’échelle réelle, de nouvelles relations entre les espaces, les usages et les acteurs qui participent aujourd’hui à la fabrication des Ronquoz. À travers cette expérimentation collective, le projet souhaite contribuer à une réflexion plus large sur le rôle de l’architecture dans les phases intermédiaires du développement urbain, lorsque l’existant et le projet cohabitent encore et que de nouvelles formes de ville restent à inventer.